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La Planète en Vélo - Jonathan Flouret / Blog  / [Récit] Lima / Paracas… débuts difficiles

[Récit] Lima / Paracas… débuts difficiles

Voilà maintenant une semaine et demi que je me repose, bien dorloté par ma chérie !
Je vis dans l’angoisse du retour de ce mal de genou… je n’ai rien fait pour changer cela. Je ne consulte aucun médecin, ni ne cherche un spécialiste dans les environs pour regarder mon vélo… en réalité rien du tout de ce côté-là !
Tout au moins ce repos aura été salutaire puisque je ne sens plus rien du tout.
Je suis contraint de prendre la route sur la côte par la panaméricaine avec une pointe de crainte avant d’y être. Il n’y a pas 50 possibilités… parfois une seule route parcours des portions de désert. Sinon l’autre alternative c’est de monter dans la sierra centrale mais je ne me sens pas prêt ni physiquement ni moralement ! Alors ce n’est pas la peine d’y penser.

Ces derniers jours sont compliqués, je suis en crise de décision. Si le genou ne suit pas je devrais annuler mon voyage dans ce mode de déplacement… si je change mon voyage, eh bien je n’irais pas très loin avec le peu d’argent que j’ai. J’ai même pensé à ne plus partir du tout.
Il apparait toutefois que je doive en profiter avant de revenir à la réalité de gagner quelques sous !

J’ai encore la tête dans le concert de Mana que je suis allé voir Il y a quelques jours.

Nous sommes mercredi 15 août et il est temps de reprendre la route.
Tout est chargé sur mes 2 roues, il ne reste plus qu’à pousser la charrette !
Je suis tout près de l’autoroute, donc après 20 minutes à peine je me range sur le côté de la Panaméricaine sur la bande d’arrêt d’urgence, régulièrement empruntée par les cyclistes.
A hauteur du péage, le policier me fait signe de rester sur la voie de droite pour avancer. Les motos et vélos ne semblent pas payer… cette fois-ci pas de retour en arrière, j’avance rapidement sur cette voie dégagée et plate sans fin.
L’enjeu du début de voyage en vélo, c’est de rentrer dans le voyage… oublier les problèmes, trouver des sujets à réfléchir, observer les paysages… je dirais qu’il ne faut pas se contrarier l’esprit. Et je dois dire que ça ne fonctionne pas pour moi aujourd’hui. Je suis contrarié, pas volontaire pour avancer… le gris de Lima ne m’aide pas beaucoup non plus. Heureusement plus j’avance et plus je sens les rayons de soleil percer les nuages… mais que c’est dur. Il faudrait aussi que je coupe un peu le lien. Je ne peux pas répondre par écrit au téléphone toutes les 5 minutes.
Je suis sans cesse à 2 doigts d’arrêter. Je ne suis pas dedans… mais je poursuis.

J’ai déjà emprunté cette route en 2012 en bus pour rejoindre Nazca. Tous ces déserts qui m’attendent, Je les ai déjà vus. Je me console en me disant que c’est pour refaire l’entrainement et que je n’ai pas d’autre option qui emporte l’adhésion de ma volonté. Alors Je pédale encore et encore… la ville disparait peu à peu et en en pointant sur la carte, je vois bien que j’avance tout de même.
Sur mon vélo j’ai 2 GPS ! Un compteur qui me regarde toute la journée… et un autre dans le sac qui me fera une meilleure trace de l’itinéraire et supposé bien meilleur (sauf quand les piles sont vides… et elles sont vite vidées !).

Parfois la route est seule… entre un désert aride d’un côté et le Pacifique de l’autre. J’adore ça. J’ai repéré que la route longe un certain nombre de plages. La nuit s’approchant, je me laisse glisser vers le bas pour trouver mon m2 de terrain.
Je tourne d’abord sur un petit bout de route que Je remonte sur 2 km… propriété privé – « ordre de tirer à vue »… bien… si je reste ici c’est sur la route que je vais dormir. Je me demande bien ce qu’il y a de si précieux… je ne vois que du caillou et du sable !
La bonne idée viendra de ma chère et tendre qui m’indique que les plages sont publiques… et qu’à cette période il n’y a de toute façon personne ! Bingo c’est ça !
Et je débarque en plein coucher de soleil bien rose sur l’océan (s’il vous plait !)

J’ai juste le temps de sortir mon drone pour immortaliser l’instant ! Mais celui-ci se met à faire de la vapeur sur la lentille… ce n’est même pas utile de la faire décoller… et puis il faut le re-calibrer, ce qu’il refuse de faire ce soir. Je finis par laisser tomber.
Je m’assois et je profite de la vue… Il est 18H et dans 10 minutes il fera nuit noire !

Aux dernières lueurs, j’installe la tente… à l‘abri de la marée haute (oui, j’y ai pensé !), je me prépare une bonne soupe chaude et en avant pour mon lit sur un matelas de sable. Le paradis.

Ce soir je sens déjà mon genou qui me titille… et ce n’est pas bon signe… mon mal-être s’amplifie de fait.

En ce Jeudi 16 août, le ciel est brumeux. Depuis 7h, je suis sur le pied de guerre pour avancer dans la route. Même programme aujourd’hui  que les prochains jours… la panaméricaine.
J’aime cette atmosphère de désert.
Je ne suis toujours pas dedans, l’esprit n’est pas libre… il me semble ne pas avancer. Et ce matin depuis tôt mon genou ne veut plus, il a mal… mes Incertitudes reviennent, je dois luter contre moi-même maintenant.
Je me trouve un menu à 8 sol pour ce midi… à ce prix pas la peine de sortir les casseroles et ce serait moins bon ! Après une sieste rapide sur la plage je repars sur mon autoroute.
Mes gants sont juste enfilés dans la poche… en les regardant je me dis en moi « fais gaffe tu vas les perdre »… et quelque chose à dû me distraire… faut dire que ça ne manque pas entre les camions qui essayent de m’écraser (ou m’éviter c’est selon l’interprétation) et les chiens qui se mangeraient bien un bout de tibia…
10 km plus loin, je repense à cela… et là patatra… j’ai perdu mes gants. Ils ont dû tomber quand j’ai redémarré ma course. Je suis encore plus en colère contre moi… je revois ces images dans ma tête d’y faire attention… mais pourquoi !!??!!!

Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même et ce n’est pas si dur à remplacer… mais quand même ça m’exaspère. C’est sur cela que je continue, toujours pas dans ma course.
Toujours en plein désert, la nuit venant il me faut trouver un endroit… discrètement je m’enfonce dans une parcelle délimitée pour me cacher. Et j’aime ce panorama face à l’océan.
J’apprendrais aussi pendant la nuit que ce n’est pas idéal… la brume bien trempée va tout me mouiller la tente… en même temps elle est là pour ça !

Vendredi 17 août
Au réveil en rangeant la tente j’apprends de mauvaises nouvelles. Il va falloir que je compose avec ces nouveaux éléments et peut être décider d’arrêter le voyage pour le moment.
Je recharge le tout et reprends la route. Difficile dans ma tête.
On ne voit rien à 5 mètres !  J’enfile mon gilet jaune pour être vu…
Alors que j’enfile aussi mon imperméable (la brume ça mouille), un cycliste sort des nuages et me double tel un avion. Il ne s’arrête pas et fonce droit devant, juste en me jetant un « Buenos dias » rapide. Je finis de ranger mes affaire et je me mets à sa poursuite… il est à 250 mètres mais ici ce sont les montagnes russes… pendant les côtes je le rattrape puis dans les descentes il disparait.
Je vais le poursuivre pendant 20 km en me voyant me rapprocher peu à peu. Seulement mon genou est toujours là douloureux… je laisse tomber l’affaire. Le bénéfice de ce moment : je ne pensais qu’à le rattraper, échanger avec lui… et j’ai dû coup bien attaqué ma journée.
C’était peut-être mon imagination qui sait !
En tout cas ce boost m’a remis dans la course et de la bonne manière… et les bananes achetées à 1 sol le kg vont me donner l’énergie pour cela !

J’entrevois l’idée que je vais peut-être arriver jusqu’à Pisco et rejoindre Paracas juste après. Il doit y avoir 85 km en tout sur mon GPS. C’est jouable !
Je fais le plein de paquets de gâteaux et de boissons un peu plus sucrées… ma fameuse bouteille d’Inka Cola.  Je sens la chaleur qui augmente et le soleil qui tape fort. N’ayant pas de casquette avec moi, je m’en bricole une avec un t-shirt… ça donne un certain genre…

La végétation revient peu à peu et je rentre dans des plantations… mais peu de vignes à ce que j’observe… et me semble reconnaitre.
Cela m’étonne car j’arrive près de Pisco… célèbre boisson du Pérou que l’on utilise pour faire des cocktails variés… un mar de vin assez fort qu’on ne bois pas pur… il faut dire que c’est pas terrible tout seul. Mais ici pas trop de vignes !

J’arrive enfin à Pisco et sors de l’autoroute. Je suis dans la zone d’un fort tremblement de terre qui à eu lieu en 2007. En fait, l’histoire de cette ville est marquée par les tremblements de terre et les raz de marée ! Celui de 1689 l’aura complètement effacé de la carte.
Celui de 2007… le 15 août exactement soit 11 presque jour pour jour avant mon passage, à 18h41, le sol s’est mis à trembler d’une magnitude de 8.0 (richter)… la ville détruite à 70 %. L’église s’éffondra d’un bloc engloutissant 300 personnes d’un coup célébrant les fêtes du 15 août.

C’est aussi dans cette ville que le libertador San Martin a élaboré le premier drapeau du Pérou après avoir débarqué du côté de Paracas à quelques km de là !

Je file donc vers Paracas, content qu’il ne me reste que 16 km à ma destination… et il n’est que 15h30. Un petit arrêt devant l’océan à la sortie de la ville sur la plage. Je suis un peu amer, les péruviens n’ont aucune conscience écologique. Des voitures s’arrêtent, ouvrent la porte et jette vite faite le sac poubelle plein. Ensuite passent les chiens morts de faims et les pélicans opportunistes qui finissent d’étaler les déchets… et personne ne vient ramasser évidemment… c’est crado et je l’ai constaté partout où je suis allé.

Combien de fois j’ai vu ouvrir un paquet de gateau et jeter le papier par terre… ou boire une canette et hop par terre… ça me dépasse un peu, moi qui n’arrive pas physiquement à jeter même un mouchoir en papier qui dès qu’il est mouillé se désagrège !
Il m’arrive de recevoir des paquets de clopes sur la tronche en vélo ou d’éviter une bouteille jetée depuis une voiture… On peut bien nous faire la leçon à nous français mais il reste du travail dans le monde !

Le vent s’est invité sur ma route… et il est de plein face. Je lutte pendant 2 heures à 8km/h pour rejoindre Paracas. C’est l’enfer ! et pourtant la route est toute droite sans montée, normalement facile ! A l’arrivée je suis épuisé.
Je m’arrête à l’auberge de jeunesse. Je veux prendre une bonne douche et me reposer… ne rien avoir à penser.

C’est aussi le retour à la confrontation avec le tourisme ! Un groupe de françaises monopolisent la réception. Je dois attendre ½ heure que ces dames trouvent une solution à leur problème d’excursion pré-commandé mais qui coûte 10 fois plus cher qu’ailleurs ! et la réceptionniste qui ne peut rien pour elles… mais elles réfléchissent là sans vouloir laisser la place.
La douche bien chaude sera réparatrice je ne vous dis pas !

Mais mon genou fait en sorte que je ne peux presque pas marcher… pour le moral c’est dur… et puis se soigner ici… ben en fait il n’y a personne à consulter !

Une petite balade dans Paracas et je rejoins mon lit… demain sera un autre jour !

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