test Alienum phaedrum torquatos nec eu, vis detraxit periculis ex, nihil expetendis in mei. Mei an pericula euripidis, hinc partem.

: +33 6 32 11 57 62 ou +51 916 590 615

 

Blog

La Planète en Vélo - Jonathan Flouret / Blog  / [Récit] Faux départ en vélo

[Récit] Faux départ en vélo

Mercredi 1er Août, je suis parti de Lima en vélo. Je n’ai pas jugé bon de raconter cet épisode jusque-là étant pour moi un échec complet ! J’avais décidé de suivre une route centrale du Pérou mais pour la rejoindre je voulais éviter de traverser Lima – circulation un peu compliquée quand il faut s’orienter et en même temps éviter de percuter des camions, bus, chiens ou encore des personnes – puis ensuite de me retrouver pendant de longs kms sur axe fermé par des habitations des deux côtés de la route !

Je me suis donc élancé, tout schuss (si je puis dire) droit dans la montagne. Je savais que ce serait dur… trop dur pour moi… mais mon optimisme m’emporte un peu de temps en temps.
J’ai alors grimpé de manière régulière dans ma montagne… grimpé et encore grimpé !
En fait je ne m’en suis pas bien rendu compte de cette côte (c’est plutôt bon signe) et j’ai encore continué ! Premier campement, j’ai demandé à un gars qui avait du gazon dans son parc de me prêter un petit m² pour la tente… et moyennant une pièce ça l’a fait ! Le Péruvien ne perd jamais le nord face à un gringo qui débarque à l’improviste… toujours des solutions mais toujours avec une pièce (de mon expérience)… avoir une solution c’est bien, j’aime moins le côté spontané de la demande de pièce.
Malgré la pièce il est étonné de me voir volontaire pour camper tout seul… alors il me repose la question pour vérifier que je suis bien seul… il voit quand même bien que oui et pas d’erreur possible en voyant mon vélo ! Bref… la nuit sera bonne dans ce peu d’herbe verte de fond de vallée.

Je longe depuis le début la rivière Lurin… un espèce de tout petit pissou de rien du tout au milieu de la vallée désertique… parfois intense… mais toujours pollué. On ne rechigne pas à mettre le véhicule au milieu pour le laver à grand renfort de produit mousseux qui va descendre jusque l’océan… il y a aussi des gens qui se baignent, comme quoi pas de soucis… la couleur de l’eau n’est pas toujours couleur eau non plus… et c’est sans parler du traitement des poubelles… l’écologie à un long chemin devant elle dans ce coin… ou pas c’est selon.

Jeudi… je continue à monter encore, encore… ici je m’arrête pour acheter à boire… ici à manger ou mieux : prendre un menu à 8 Soles (2,10 euros – entrée / plat / boisson) – La nourriture mérite tout un chapitre à elle toute seule, le Pérou étant vraiment un pays à gastronomie fine et à découvrir mais Je reconnais que quand je suis seul je ne m’aventure pas trop à tester des noms que je ne connais pas. Même dans ce que j’ai testé, je ne parviens pas à me souvenir des noms.
Ce que je sais en revanche c’est que je n’ai pas essayé le Cuy (cochon-d’inde)… et je n’ai pas la moindre intention de la faire !
Je roule jusque la nuit et une angoisse m’envahit… où vais-je dormir !?. Je suis coincé entre montagne et bord de rivière pleine de déchets, de galets terreux et pas facile d’accès. Je pousse donc jusqu’Antioquia assez touristique, aux rues toutes pavées et sa belle place… la petite vendeuse me dit que je peux aller au stade en haut du village… « Alli entras, no mas ! » (Là-bas tu rentres, et voilà ! »)… alors je rentre dans le stade qui va me donner un magnifique bivouac gratuit !

Au petit matin, après un petit-déjeuner au resto du coin, les regards me dévisagent genre : « Mais où c’est qu’il va celui-là !? il est fou ! »… quand on me pose directement la question je réponds « En Bolivia ! »… je ne connais pas le nom des villages qui suivent, qu’est-ce que je peux répondre d‘autre !

En moi-même je me dis qu’ils savent vers où je vais donc je préfère ne pas regarder leur étonnement et ne garde en tête que c’est du fait du chargement du vélo !
La « pista » s’arrête là… autrement dit le goudron. Je continue donc sur un chemin de terre dur dur… même pour les quelques voitures et camions qui passent par ici. Et Je monte encore et encore. C’est duuurrr ! mais en moi-même je me balance des « T’as voulu en chier eh Ben voilà ! »

Tout à coup la vallée change d’orientation. Le soleil tape comme un fou, pas un nuage par le pays… et j’observe où vont les camions / bus qui me doublent… et je les vois progresser lentement, prudemment. Un sursaut de bonne forme me fait garder le moral et je grimpe, je me sens bien… enfin presque bien.
Depuis le début je traine une douleur au genou qui ne semble pas augmenter. Cela ne facilite pas les choses quand le terrain est difficile. En vélo il faut se remplir l’esprit (ou le vider)… sinon on est concentré sur la moindre douleur qui surgit et on amplifie son importance… ça devient vite l’enfer.
Ce qui me tracasse à ce moment, c’est de ne pas aller trop loin si j’ai mal au genoux… une fois passé le col, le retour sera compliqué.
Au détour d’un virage impressionnant je réalise le chemin parcouru… si court soit-il.
Et Je réalise que ce n’est pas prudent de continuer avec douleur au genou… la montagne est encore plus rude de l’autre côté… peut être même que ça ne passe pas. Je suis monté de 2200 mètres d’altitude… et ça devrait continuer jusque 4000 mètres !
Prudence de mise, je redescends tout… le moral dans les chaussettes… Retour à la case départ à Lima… Il me faut comprendre pourquoi j’ai mal comme ça…
La descente me prendra à peine quelques heures et je prends vraiment conscience que tout du long ça monte et parfois fort.
Il me faut un itinéraire plus tranquille pour commencer, plus de doutes là-dessus ! Une semaine de repos et je repars…

 

No Comments

Post a Comment