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La Planète en Vélo - Jonathan Flouret / Blog  / [Récit] La traversée de la Lozère

[Récit] La traversée de la Lozère

Traversée de la Lozère

du Lac Charpal à Millau

30 Mars 2018
8h, le jour n’est pas levé depuis très longtemps et à mon tour je dois sauter du lit !
Mine de rien, il y a peu de temps pour contempler le paysage et vaguer à mes pensées.
Première opération une fois habillé, et qui le sera certainement tout le temps de mon périple en vélo, le petit déjeuner… bol de céréales avec du lait chaud pour faire le plein d’énergie avant cette difficile journée en Lozère !

Je vous épargne les détails chronologiques du rangement de la tente mais c’est là que je m’aperçois que je trimballe un sacré bordel ! J’ai heureusement prévu une tente 2 places autoportée sinon il aurait fallu imaginer un étage à l’intérieur.
Chaque chose à sa place, chaque élément démonté à son maximum pour optimiser le rangement ensuite dans les sacoches.
Chaque sacoche contient toujours le même équipement, et si possible les catégories ensembles (vêtements, électronique, cuisine…). Il faut penser que si je dois ouvrir mes sacoches en cours de route, eh bien que je n’ai pas à farfouiller partout pour trouver le petit truc qui finalement est au fond de la 4 ème sacoche après avoir déballé 2 fois les 3 autres ! L’exercice n’est pas si facile en réalité car j’ai tendance à toujours avoir besoin de ce qui est le moins accessible.

A l’horizon, de bons gros nuages pleins d’eau m’offrent un paysage magnifique mais qui laisse présager d’être mouiller à un moment où l’autre. Après mes 1h30 de rangement je me lance donc pour une première journée complète.

La route jusqu’à Mende descend beaucoup donc ça aurait dû être un régal… mais ce ne fut pas tout à fait le cas ! Quand j’y repense je me dis que c’était quand même de difficiles conditions pas prévues au programme
Je pensais avoir de la pluie, je me suis retrouvé avec une belle quantité de grêle… et la grêle ça fait mal quand ça tombe, ça fait froid, ça mouille pour faire une route enneigée bien glissante !
Pour aider à l’histoire, je suis très mal équipé pour la pluie : en fait je n’ai rien d’imperméable. Une vieille veste en fin de vie avec la manche à moitié brulée (depuis hier), un pantalon qui sèche vite mais pas pour la pluie, des chaussures qui vont rester mouillées quelques temps.

Bonnet et gants mis à contribution, j’ai donc roulé sur un tapis de grêlons suivi de la pluie quasiment jusqu’à Mende avec le tonnerre et ses éclairs pour compagnon. Là, de temps en temps je me suis dit « mais qu’est-ce que je fous là !». Le moral légèrement atteint, j’écoute la pluie qui tombe sur l’abri où je me suis réfugié en ville le temps du casse-croûte. Un rapide coup d’œil à la météo qui ne s’annonce pas beaucoup meilleure. Il faut que je continue, je ne vais pas rester en ville et puis ce n’est que mi-journée.

L’objectif est de rejoindre les gorges du Tarn et ça me semble loin !

Finalement je me suis botté un peu le derrière (formule non grossière 😉 ) en m’interrogeant moi-même :
– Tu as mal quelque part ?
– ben non
– Tu as froid ?
– pas vraiment
– il te manque quelque chose ?
– je ne crois pas
– Bon ben puisque tu n’es ni fatigué, ni découragé, ni en détresse il faut continuer, ça ne peut que s’améliorer…

et c’est comme ça que j’ai résisté à la tentation d’un demi-tour, encore si proche de la maison.
Direction la nationale pour quelques km, pour commencer à monter pour rejoindre le causse Sauveterre. La route n’est pas très large… tout au moins pour un cycliste et 2 voitures qui se croisent mais en prenant mon temps je suis arrivé là-haut… enfin je le croyais.

Un cycliste sait qu’une route n’est jamais plate et je vais le découvrir à cette occasion !

Un causse est dans l’esprit commun une grande zone plate… un plateau… géologiquement parlant je suis complètement d’accord mais à vélo on voit les choses autrement.
L’orage à cette particularité qu’ensuite viennent des couleurs explosives dans le paysage. Ce sera mon enchantement de la journée et ce à quoi je vais penser pendant mes efforts pour grimper ces routes nouvelles qui ont oublié l’ancien temps où les bœufs tractaient mais ne pouvant monter droit dans la pente, la route devait faire des zigzags. Pour un cyclotouriste c’est pareil, la ligne droite dans la pente en montant, c’est un cauchemar et les ingénieurs de routes ne devraient pas oublier cela… ou se mettre au vélo pour y réfléchir un peu !

Je suis aussi impatient d’arriver sur le bord du causse et de dévaler la descente vers Sainte-Enimie !
Caméra fixée sur le guidon, j’ouvre grand les mirettes et j’absorbe toutes les images que je peux dans mon esprit ! Peu de voitures, des rayons de soleils colorant la vallée : Les Gorges du Tarn s’offrent à moi et j’en suis tout ébloui ! Le frottement des patins de freins signale mon passage : je suis content d’avoir mes freins hydrauliques pour stopper (éventuellement) très vite les 125 kg lancés à 45-50 km/h sur route encore mouillée !
Et comme d’habitude, je m’arrête tout le temps : soit pour un réglage, remettre ma veste en ordre car ça caille sévère ou encore pour prendre des photos et vérifier la caméra du guidon.

Il me faut trouver le juste milieu entre plaisirs de la descendre et prise de matière pour le partager ultérieurement ou simplement mon bon souvenir.
Je rejoins très vite Sainte-Enimie au fond des gorges du Tarn et continue sur la route en fond de vallée, parfois encaissée dans la roche taillée.
Quand les derniers rayons de soleil atteignent la rivière alors le turquoise fait surface. Je commence à me demander où je vais bien pouvoir installer le campement pour la nuit.

Saint-Chély-du-Tarn se présente alors à moi, village tout en pierre et magnifique à regarder avec sa cascade sortant juste derrière une maison, et j’observe de l’autre côté de de la rivière une terrasse avec des lumières de toutes les couleurs en me disant sans l’espérer que ce serait sympas de m’installer dessous dans le gazon pour passer la nuit. Je m’arrête donc, découvrant que c’est aussi un restaurant. De fil en aiguille, de discussions en discussions, nous parlons de connaissances communes (entre autre de mon frère) et je partage un repas qui me réchauffe avant la nuit glaciale qui m’attend. Je m’installe donc sur la terrasse en contre-bas (avec l’autorisation de son propriétaire), considérant qu’aucun camping des alentours n’est ouvert encore à cette période de fin mars.
D’ailleurs aucun cycliste ou routard dans les parages, il est bien trop tôt dans la saison !

 

Samedi 31 mars 2018
Le soleil tarde un peu à descendre tout en bas dans la vallée. Ma tente est légèrement gelée, je n’ai pas eu froid mais se lever dans ces conditions humides en bord de rivière ne sont pas idéales. 9h il est temps de s’activer et de ranger ! Rituel du matin en bon ordre, J’en profite encore pour faire des photos. J’hésite à sortir le drone… avec Le recul j’aurais dû… Les couleurs sont fantastiques !
Je reprends mon itinéraire, avec pour objectif Millau !  Petits arrêts photos, films… séchage de la tente et recharge de batterie avec le panneau solaire… et accessoirement sieste. Je ne vois pas pourquoi je m’en priverais !
L’esprit aussi se met en marche… une fois passé les douleurs de fessier et de jambes (pas encore tombées dans l’oubli à ce moment-là !), c’est tout ce qui me trotte dans la tête qui est passé en revue. Je dois évacuer mes difficultés passées, les ranger dans un coin archives pour le moment mais pour cela il faut les digérer, les cogiter un peu… puis après le broyage du noir vient le positif. Dans l’effort, peu à peu ce sont de nouvelles envies, de nouveaux objectifs qui me viennent en tête et ça c’est bien !
Quelques km avant Millau, un cycliste viendra me tenir compagnie sous mon abris / arrêt de bus le temps d’une averse. J’ose à peine dire que je suis sur un itinéraire sans vraiment de dates définies, au long cours… j’ai dans l’idée que chacun attend une réponse claire et précise de mon projet… où Je vais, combien de temps, quel budget, tout seul ?… et moi je n’ai pas d’idée très précise de cela alors je réponds comme je peux. Au fil des rencontres, j’affine mon discours.
Le bagage installé tout autour de mon vélo intrigue et devient moteur de conversations. Je n’ai pas à  initier la rencontre, elle vient toute seule à moi !

Chaque fois que je suis venu à Millau je me suis perdu… que ce soit en voiture ou comme aujourd’hui à vélo ! Petit arrêt provisions : c’est la première fois que je laisse mon véhicule tout seul à la vue de tous, moment si vulnérable qui me terrifie un peu. Quasiment tout ce que j’ai est là sur ce vélo.
Mais je ne suis pas dans le journal de TF1 et je ne suis pas contaminé par la paranoïa du vol constant en un regard ou tout au moins je tente de ne pas y penser.
Fin de journée pluvieuse, je m’engage dans la vallée de la Dourbie, plus sauvage à chaque km qui défile, ce qui me convient très bien !
Je m’installe discrètement en bord de rivière dans un carré libre de 3mètres de côté la nuit venue avec encore en toujours de la pluie pour chant de nuit.

Loin d’en avoir traversé ses différents paysages, ma Lozère ne m’a pas facilité la tâche climatiquement parlant mais m’a laissé entrevoir des lumières que l’on n’effleure même pas en passant en voiture.

 

 

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